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Des enfants francophones obligés de parler flamand dans la cour de l’école, toute inscription en français interdite sur les étals de certains marchés publics : en Belgique, la vieille rivalité entre wallons et flamands prend un tour inquiétant. Depuis juin, faute d’accord entre les partis politiques des deux camps, le pays n’a pas de gouvernement. 40% des flamands réclament carrément l’indépendance de leur région, beaucoup plus riche que la région francophone. Interview de Jacques et de Willemm, le premier wallon, le second flamand.
Jacques est un wallon de 37ans, boulanger, et résidant à Liége. Il est marié et a un enfant. Il est anti flamand et s’explique: “les flamands sont anti wallons et anti tout, ils ne voient que par eux.”
Dans les années 50, La Wallonie était beaucoup plus riche que la Flandre, cela a changé dans les années 80 grâce aux industries qui se sont installées chez eux. Depuis la Flandre est plus riche que la Wallonie et les flamands le font savoir, allant même jusqu’à s’en vanter. Les parents de Jacques ne l’ont pas influencé par rapport au conflit. C’est un conflit qui perdure depuis des générations. Quant à l’indépendance de la Flandre, ils y sont tout simplement opposés. Concernant les bruxellois, ils les trouvent beaucoup plus civilisés que les flamands, mais ne prennent parti pour aucune des deux communautés : “Nous avons quelques amis Bruxellois et ils ne peuvent pas non plus supporter les flamands”
Willemm, 40 ans, peintre en bâtiment, réside seul à Bruges. Il est anti wallon. « Ils ne veulent pas travailler dans notre pays, le taux de chômage en Flandre est de 6% tandis qu’en Wallonie il est de 11%, C’est bien connu, les politiciens wallons ne sont pas des gens de confiance, ils gèrent mal le pays. Il y a très longtemps nous étions un peuple avec peu de travail, toutes les industries étaient en Wallonie. Mais aujourd’hui, nous sommes à la pointe de la technologie, nous le sommes peut-être davantage que les wallons. ».
Les parents de Willemm ne l’ont pas influencé : « nous n’avons qu’à passer de l’autre coté de la frontière linguistique pour s’apercevoir des divergences communautaires et des différences au niveau de la mentalité ». Il espère que cette guerre froide s’arrêtera un jour, et pense que pour cela il faut une condition : “S’ils acceptent un gouvernement 100% flamand, ce sera positif.” Willemm pense que les bruxellois sont les bienvenus parmi eux à condition qu’ils acceptent que les flamands prennent en main toutes leurs institutions et leur système pénal.
Clément Froissart